Nouveautés 2021

Nouveautés 2021

Prologue

Il est des lieux où l'on a envie de revenir.

Quand Claude et Geneviève, lassés de me la louer et relouer chaque année depuis 2015, se sont enfin résolus à me céder la Maison Rouge, je n'ai pas été bien long avant d'en profiter à nouveau.

Nous étions fin 2020. C'était alors, les plus chenus de mes lecteurs s'en souviennent, la fameuse guerre du coronavirus.

La guerre du coronavirus - Les Goguettes, 17 avril 2020.

Chaque jour, des marées de fomites, des nuées d'aérosols, des escadrons de postillons se lançaient en volutes épaisses à l'assaut des muqueuses qui tapissent nos cavités nasales.

Chaque jour, scientifiques, journalistes, hommes politiques se bousculaient au bassinet pour nous prodiguer leurs analyses imprudentes, leurs avis contradictoires et leurs pronostics foireux.

Les ordres coulaient à flot. Le désordre prenait racine.

Alors même que les hôpitaux manquaient de moyens, de lits, de personnel, les cafés, les arrêts de bus, les jardins publics, la tuyauterie d'internet et les bureaux de l'Élysée grouillaient et gargouillaient d'épidémiologistes, dont il est permis de soupçonner que tous n'avaient pas fait médecine.

Ici, une forte tête brandissait en étendard son nez vengeur au-dessus d'un masque chirurgical périmé, signalant par ce geste sauvage et fou qu'on ne la lui ferait pas ; là, un papy esseulé ne rendait sa place en réanimation qu'avec son dernier souffle ; partout, des hommes encore vaillants, des femmes encore gaillardes, des bacheliers à peine émoulus, étaient appelés à écrire l'Histoire à leur poste de télétravail. Jetés dans la tourmente, pris dans le crépitement des claviers, ils ne zoomaient pas tous, mais tous devaient frapper.

Et c'est ainsi que, comme tant d'enfants de la patrie, j'embrassai mes aînés (virtuellement, s'entend), bouclai en hâte mon paquetage, ceignis d'une oreille chancelante mon dernier FFP-2, et m'entassai dans un wagon blindé de cas contact, en direction de ma toute nouvelle résidence secondaire, — non pas à la Baule-les-Pins, mais à Vernet-les-Bains.

Un nouveau poste de télétravail

Tablette escamotable sur la mirande.

À quoi bon, me direz-vous, monter sur un front où la vue s'étend à 180° et sur des kilomètres, quand c'est pour passer ses journées à lui tourner le dos, l'œil rivé à son 13" ?

Pour se la péter en visio ? Ce serait mal me connaître !

Ainsi, le premier aménagement que j'ai réalisé dans la Maison Rouge (ou plutôt fait réaliser, merci David !) a été cette grande tablette abattante qui, lorsque la température s'y prêtait (c'était février quand même), me permettait, sans risquer un torticolis, de trouver l'inspiration ou le courage dans les falaises rouges du Roc Campagna ; ou même, je l'avoue, de commettre à l'occasion quelque rêve en réunion, la tête dans les nuages qui passent, là-bas, là-bas.

Et comme les jours s'adoucissaient et s'allongeaient au soleil du printemps, j'ai plus d'une fois été surpris là par le crépuscule, et la fraîcheur qui tombait d'un coup.

Je fermais mon écran. Tout de même, et sans m'en rendre compte, j'avais bien avancé, — mais il était temps de se mettre quelque chose sous la dent.

… Ça reste une maison de vacances, et je ne suis pas sûr que mes invités y travailleront très assidûment. C'est faisable en tout cas. Et, ne serait-ce que pour écrire une carte postale ou trier les photos de votre dernière balade, je pense que vous apprécierez cette discrète addition aux charmes de la Maison Rouge.

D'autres chaises contemporaines

Six chaises bordeaux de Bordeaux.

Qui ne connaît pas, au moins de vue, la .03 de Maarten Van Severen (1998), chez Vitra ? Elle équipe un nombre innombrable de musées, de bibliothèques et même d'églises modernes. Une exposition thématique lui a été consacrée au Design Museum de Gand en 2010, La Naissance d'une icône du design.

Je l'aime, parce qu'elle est belle, increvable et qu'elle ne roule pas les mécaniques en disant : « regardez comme je suis confortable » (plus d'information en annexe). C'est en 2005, dans un restaurant étoilé dont j'ai oublié le nom au McDonald's de Saint-Julien-les-Metz, que je m'y suis avachi la première fois : l'instant d'après, j'étais à quatre pattes pour regarder la marque. Depuis, j'en ai acquis pas moins de dix-sept (toujours de seconde main, neuves, j'attends la revalorisation promise).

Celles de la Maison Rouge ont été rafraîchies, impeccablement emballées, et expédiées d'une main sûre de Bordeaux à Montpellier par Cédric, un fan de design que je salue ici. Claude et Geneviève leur ont fait faire les derniers kilomètres quand ils m'ont rendu visite à Vernet en février. Les voici autour de la table en chêne réalisée par Claude. Ne dirait-on pas qu'elles ont toujours été là ?

Elles rejoignent en tout cas les autres assises remarquables du gîte, celles de Gérard Coquelin (également créateur de la grenouille à fruits que vous voyez sur la photo).

Un vestibule aménagé

Ce vestibule ne bullera plus.

« Tu as raison, m'a dit Geneviève quand je lui ai parlé de mes visions vestibulaires. C'est quelque chose qu'on a toujours voulu faire. Mais, tu sais, quand on est dans les travaux depuis des années, au bout d'un moment on en a marre, on se dit : “allez, ça ira comme ça !”, et on passe à autre chose… »

C'est donc moi qui ai pris le relais de cet ancien projet.

Le vestibule de la Maison Rouge, déjà fort exigu, est une pièce qui peinait à exister, avec son miroir, son interphone, son tableau électrique et… et c'était tout. On ne faisait qu'y passer, et on jetait ses souliers vernis et son smoking çà et là dans le salon, où rien n'était prévu pour ça.

Je me suis donc mis en quête d'un banc à chaussures, puis d'un porte-parapluies qui rentrassent pile poil, et pas trop moches, mademoiselle, si possible. Ensuite, armé jusqu'aux dents de ma scie japonaise, j'ai bricolé des porte-manteaux et une manière de petite étagère dans une chute de la tablette de la mirande.

Dorénavant, sans être devenu plus vaste, ou une pièce à vivre, l'humble vestibule a tout de même sa fierté et sa mission : on y peut enfiler ou ôter ses chaussures, suspendre sa veste, sa casquette Thug Life, son sac, son masque quand l'épidémie fait rage, accrocher les clés, vider ses poches, laisser ses bâtons de marche ou même — à Dieu ne plaise ! – son parapluie.

Enfin, un vestibule, quoi.

Et prenez note de l'extincteur, prêt à vous sauver la vie, et ma maison j'espère.

Divers
Petites améliorations de confort

Quoique tout juste propriétaire de la Maison Rouge, je suis probablement celui qui y a le plus habité en continu. Et quand on habite quelque part quelque temps, il y a fatalement des problèmes auxquels on ne prêtait pas attention quand on y était de passage, et qui deviennent à la longue source d'agacement : c'est un courant d'air froid qui passe sous la porte d'entrée, l'eau qu'on doit toujours éponger au sol après sa douche, une plaque de cuisson qui ne brûle pas précisément des feux les plus doux, des coussins au contact d'un mur, etc. J'ai réglé tout ça, normalement.

Les va-et-vient du niveau 1 ne sont pas trop bien pensés, à mon avis : quand on sort de la chambre en pleine nuit, l'interrupteur éclaire l'escalier de la salle à manger au lieu du chemin des toilettes ; quand on descend de la suite parentale, on peut éteindre l'escalier, mais pas allumer le salon. Je ferai sans doute refaire cette partie de l'électricité quand je rafraîchirai les peintures. En attendant, j'ai installé sur les poutres trois lampes à détecteur de mouvement qui jouent le même rôle : vous éviter de traverser le salon à l'aveuglette.

Dégagement des niches du salon

On y trouvait jusqu'ici les clés, les jeux de société, les cartes et livres de randonnée, enfin, en vrac, les inévitables brochures de l'Office de Tourisme.

Les clés sont allées vivre leur vie dans le vestibule, les jeux dans la chambre-salon et les brochures sur la porte coulissante, au-dessous d'une nouvelle carte de randonnée en relief. À propos de randonnée, une boussole, des jumelles et une carte IGN plastifiée sont désormais à votre disposition dans ces mêmes niches.

Au total, cette réorganisation libère deux plateaux pour vos affaires personnelles.

Autres additions et substitutions

Quoique j'aie acheté la Maison Rouge avec tous ses meubles et équipements, les œuvres d'art faisaient exception. Claude et Geneviève ont la gentillesse de me les laisser le temps que je leur trouve des successeurs à mon goût et dans mes moyens. Deux nouvelles toiles ont déjà fait leur apparition dans la salle à manger et la chambre-salon. Je vous laisse les découvrir sur place, en espérant qu'elles vous plairont.

Certains équipements qui avaient fait leur temps ont été remplacés, notamment le salon de jardin.

La batterie de cuisine s'est enrichie de quelques éléments : un cuit-vapeur, un mixeur/batteur, une petite bouilloire à température réglable pour ceux qui, comme moi, sont amateurs de thé japonais, etc.

Deux invités de Claude avaient laissé un avis déplorant l'absence de climatisation ailleurs que dans la cuisine. Sans aller jusqu'à tout climatiser, j'ai installé deux grands ventilateurs-colonnes dans les chambres.

Habitués de la Maison Rouge, ou simplement curieux de connaître la liste des nouveaux équipements, vous pouvez rechercher « 2021 » dans l'inventaire.

Ce site

J'ai failli oublier de mentionner cette nouveauté, mais c'est quand même celle qui m'aura demandé le plus de travail. Étant informaticien, et quand bien même je hais le développement web, j'avais la possibilité de donner un petit supplément d'âme électronique à la Maison Rouge : les pages d'Airbnb ou de l'Office de Tourisme se ressemblent toutes ; cette uniformité, certes, facilite la comparaison des différentes offres, mais quand les photos de la Maison Rouge ont retenu votre attention, vous avez peut-être envie de découvrir ce qui se cache entre les listes à puces et les cases d'un formulaire standard.

Bien plus qu'un n-ième site de location saisonnière, cet espace personnel est donc le cri d'une génération sacrifiée à la crise sanitaire le moyen pour moi de vous faire partager mon coup de cœur pour cette maison si spéciale, de rendre hommage à Claude et Geneviève qui l'ont créée, fait vivre et me l'ont transmise, — et aussi, lorsque vous serez sur place, de rendre votre séjour plus riche et plus fluide.

« La maison infinie », vestige du site minier du Salver (Taurinya).